Note liminaire

Les signataires de cette lettre, membres de l’ordre ou partenaires de la profession comptable, adhèrent à la même vision : « c’est la recherche de l’intérêt du chef d’entreprise qui fera sa réussite conjointement à celle du conseil qui l’accompagne. »

Cette lettre est écrite à l’initiative des fondateurs de GERERMESAFFAIRES SAS avec pour principal but de faire écho à la demande de Mr Le Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables, Joseph ZORGNIOTTI, faite en janvier 2014, aux partenaires du CSOEC, leur demandant de proposer des idées à la profession comptable.

GERERMESAFFAIRES est un Partenaire des cabinets comptables, qui investit pour la profession. Notre objectif avec ce manifeste est d’apporter un concours actif à l’évolution inéluctable de la profession comptable.


 

 

Les récentes modifications des ordonnances régissant l’exercice de la profession comptable en France ouvrent la voie à une réponse nécessaire aux contraintes imposées par les évolutions du marché et les nouveaux besoins des dirigeants de TPE et PME.

La mondialisation, la déferlante technologique, le besoin ressenti de compétitivité accrue sont autant de phénomènes convergents qui portent le chef d’entreprise à attendre de nouvelles prestations de la part de ses conseils, au premier rang desquels son cabinet comptable.

« Réelle utilité », « Aide à la création de valeur» sont les demandes qui animent l’esprit des clients des cabinets. Ils réclament désormais, non seulement la prise en charge habituelle de la « tracasserie fiscale, comptable et sociale », mais surtout et de plus en plus, un réel accompagnement de leur solitude et une véritable assistance à leur performance de dirigeant et d’homme (ou de femme) d’affaires.

 

Le challenge pour le cabinet est de ne pas se tromper d’objectif.

L’administration française dans sa toute puissance, fait peser deux exigences sur la profession comptable. D’une part, pour alléger ses propres structures et accélérer sa reconversion, elle transfère insidieusement une quantité de travail croissante auprès de la PCL, d’autre part, pour répondre à la demande des gouvernants, elle organise un accroissement des prélèvements par une complexité grandissante conjuguée à une instabilité sans précédent de la réglementation.

Le challenge pour la profession comptable est de ne pas se faire instrumentaliser par l’administration et de garder son énergie à servir ses vrais clients.

Ce changement d’attitude est d’autant plus difficile à prendre que le naturel humain nous ramène souvent à notre métier d’origine, experts du chiffre, avant d’être à l’écoute de la demande de celui qui nous fait vivre.

Or ce n’est pas l’administration qui nous permettra d’encaisser le chiffre d’affaires qui correspond légitimement à nos travaux, bien au contraire. Seuls nos clients paient nos prestations et leurs exigences se font de plus en plus pressantes.

Une seule chose peut désormais satisfaire nos clients : « que nous les aidions à réussir », tant eux- mêmes que leurs entreprises ! Leur réticence parfois à nous payer va de pair avec le sentiment perçu que nous ne les aidons pas significativement. Nos clients veulent « une réelle utilité » de la prestation fournie, une aide pertinente et efficace à leur rôle et leur responsabilité d’entrepreneur.

De congrès en congrès, les membres de l’ordre sont de plus en plus conscients de ces besoins « d’évolution » ou de « révolution professionnelle ». Hélas, de retour au cabinet, les campagnes fiscales ou sociales reprennent le dessus des préoccupations et l’urgent chasse l’important. De fait, le temps passe et le changement se reporte d’année en année.

C’est à ce stade que notre lettre ouverte veut vous interpeller.

Tous les partenaires de la profession savent une chose. Seule l’adoption du changement par les collaborateurs est le véritable vecteur de sa réussite. Les cabinets sont composés à 80% de collaborateurs. C’est une force considérable et une caractéristique très positive de la profession comptable libérale. Mais c’est aussi, hélas, dans bien des cas, une force sous-estimée et sous utilisée.

Les collaborateurs des cabinets français, c’est à quelque chose près, 100 000 femmes et hommes qui travaillent et représentent la profession comptable au quotidien.

Ces collaborateurs absorbent une très grande partie du stress des obligations imposées par la réglementation pléthorique de notre pays. Toutefois, ces salariés, non associés (ou si peu), non membres de l’ordre, parfois mal ou peu valorisés, peuvent dans certains cas être tentés de « lâcher prise » et « de laisser une partie de leur stress au patron ».

Les collaborateurs confirmés, les piliers de cabinet, que chaque professionnel sait combien ils seraient difficiles à remplacer, constituent depuis longtemps, dans nombre de cabinets, la garde rapprochée sur laquelle repose une très grande partie du challenge et donc du résultat financier de chaque année.

Ces « piliers » doivent suivre. De campagne fiscale en campagne fiscale, ils doivent atteindre leurs quotas de dossiers traités. Si leurs chefs ne leur donnent pas toujours la reconnaissance qu’ils méritent, alors ils vont la chercher eux-mêmes, auprès de certains de leurs clients, qu’ils dénomment alors « mes clients » et sur lesquels ils veulent assoir une exclusivité d’intervention à la taille de leur égo ou de leur appétit.

Or le métier devient complexe, et malgré toute l’implication professionnelle de ces « fidèles piliers », il est évident qu’ils ne peuvent plus, seuls, répondre à tous les besoins de leurs clients. De plus en plus, ils perdent pied dans tel ou tel domaine ; de plus en plus, les risques qu’ils donnent une image « limitée » du cabinet, grandissent.

Cette même vérité s’applique aux experts eux-mêmes. Et cette vérité s’applique tant dans le « faire » que dans le « faire-faire ». Hier encore, l’expert-comptable pouvait penser à la fois assumer un rôle global regroupant, et la direction technique du cabinet, et la direction commerciale et la direction générale. Désormais, ce schéma sera de moins en moins possible, sauf à vouloir courir de plus en plus vite aux difficultés… divorce, crise cardiaque ou cessation de paiement.

 

Le métier change.

D’un métier individuel, où chacun « pratiquait son art avec ses clients », on passe à un métier collectif. De l’artisanat, il faut passer à l’entreprise.

Il faut désormais penser collectif autour d’un client. Il faut désormais travailler en meute et entourer le client dans tous les domaines où il peut avoir besoin de nous !

Dès lors, la profession et les cabinets en leur sein, ont besoin de valoriser leurs équipes et de multiplier les spécialisations.

Si l’on observe d’autres domaines libéraux, la santé par exemple, que constate-t-on ? 
Si à l’origine, il n’y avait que des « médecins de villages », on a vu au fil des années apparaître :

  • La spécialisation des médecins,
  • Plusieurs corps de collaborateurs, non médecins, mais jouissant progressivement de statuts 
et de diplômes : les infirmières, les sages-femmes, les pharmaciens, lesquels ont su valoriser préparateurs et laborantines ainsi qu’une quantité de professions paramédicales qui ne fait que croitre avec l’évolution des progrès de la science.

Nous dressons ce parallèle pour montrer que si l’expertise comptable veut se créer une place dans l’avenir du conseil aux entreprises, elle doit songer rapidement à organiser la reconnaissance et l’identification des compétences de ses équipes.

Les collaborateurs de cabinets ont besoin d’être valorisés, ils ont besoin d’obtenir de la reconnaissance tant en interne qu’en externe. Ils ont besoin de pouvoir obtenir des certifications qui sanctionnent leurs compétences, leurs spécialisations.

Les clients doivent pouvoir identifier ces mêmes spécialisations afin d’en apprécier la valeur et d’accepter d’en payer le prix. La profession a donc un intérêt énorme à organiser au plus vite des délégations de compétences et d’en faire comprendre tout l’intérêt à ses clients.

Pour avoir des chances de réussir, tout changement doit savoir être géré par étapes.

Notre contribution aujourd’hui est de nous adresser aux cabinets qui désirent changer depuis longtemps mais qui n’y sont pas parvenus, tandis qu’ils voient leurs marges décliner, leur stress augmenter et l’avenir devenir de plus en plus incertain.

Notre propos sera simple.

Le gouvernement, les chambres de commerce et bien d’autres organismes ont créé depuis longtemps une délégation à l’économie numérique. Il y a désormais un ministre de l’économie numérique. Il y a en France près de 1 000 conseillers numériques dans les CCI … tandis que les cabinets comptables restent absents du domaine numérique de leurs clients !

Nous proposons à tous les cabinets qui le désirent de créer un premier poste reconnu et valorisé celui « d’Assistant de Direction Numérique » ou « ADN PME ». Nous proposons à la profession qu’elle investisse le champ numérique de ses clients avant que d’autres ne s’en emparent !

 

Le statut « d’Assistant de Direction Numérique » est stratégique.

Il permet au cabinet de prendre une mission de gestion des données numériques de son client, véritable passerelle vers le client lui-même, tandis que celui-ci bénéficie d’un énorme avantage (d’un nouvel ADN) : la maîtrise de son Patrimoine Numérique.

 

Ce statut est stratégique car la maîtrise des données est la mère de toutes les missions.

Toute mission de conseil commence obligatoirement par une collecte des données. A partir du patrimoine numérique d’un client, toutes les spécialisations sont possibles.

Enfin, la gestion de données permet au cabinet comptable de changer de paradigme. D’une prestation reposant sur l’analyse du passé, on passe à une prestation d’anticipation. L’anticipation est la qualité première du chef d’entreprise. La gestion de données est donc une position clef dans l’accompagnement des clients.

Un cabinet moyen, à clientèle égale et à effectif stable, peut augmenter de 10%, voir plus, son CA, en mettant en place le statut « d’Assistant de Direction Numérique » pour ses clients.

« Plus de chiffre d’affaires », « une marge augmentée », « une clientèle mieux accompagnée » sont les fondamentaux du cercle vertueux que nous proposons de mettre en place au sein des cabinets qui désirent inverser la courbe du stress !

Travaillons ensemble au renouveau de la profession !

 


 

SIGNATAIRES DE LA LETTRE :
Jean-Michel LONGO, Président de GERERMESAFFAIRES SAS, Fondateur de COALA
SylvainLHERM, Diplômé d’expertise comptable, Consultant de la profession, CoFondateur de COALA
Bruno JOOS, Consultant, Ex DG de LEXIS NEXIS INFOLIB
Jacques BARTHELEMY, Expert-comptable Grenoble
Martial DAMAREY, Expert-comptable Lille
Eric GALLAND, Expert-comptable Paris
Philippe MASSON, Expert-comptable Vienne